puisque les voici : et vraiment j'adore la voix de Nico, son timbre grave, son phrasé retenu, son je ne sais quoi de spécial.
Ah ! Bach par Glenn Gould ! Je suis en pleine redécouverte du kantor de Leipzig, au clavecin, et justement je me demandait ce qu'en avait fait au juste le pianiste excentrique... Homo refoulé, aux projets multiples sinon contradictoires, et rarement achevés (une chose m'étonne : il y a tant d'enregistrements qu'il désirait faire et qu'il n'a pas fait, alors qu'en revanche il a enregistré des oeuvres que manifestement il n'aimait pas - tel le Concerto italien pourtant magnifique).
J'écoute tes disques : ils sont extraordinaires. Celui que j'écoute le plus est celui de Nico : je me rends compte que Brigitte Fontaine s'en est inspiré sans vergogne à ses débuts, la mélodie de "Chelsea Girl" (1966) est quasiment la même que celle de "Dommage que tu sois mort" (1968)... La voix de Nico est extrêmement émouvante, frêle et grave, on dirait une adolescente rebelle et neurasthénique qui aurait versé dans l'avant-garde de la pop (mais c'est peut-être ça).
Glenn Gould... Au début, je me disais : quelle hérésie ! Le concerto originellement écrit pour violon et orchestre, quelle manière personnelle d'aborder les tempos et de lire la partition ! Mais quelle émotion, quelle tendresse dans l'andante ! Et j'ai découvert la sonate de Württemberg de Carl Philip Emanuel Bach, quelle merveille ! Je connaissais déjà les sonates de Scarlatti et le concerto italien par Scott Ross. Gould est moins fougueux (mais les pianistes ont tendance à adoucir les oeuvres pour clavecin, sans
doute à cause des nuances que permet le piano et d'une architecture, d'une vision d'ensemble de l'oeuvre, différente. Connais-tu aussi le claveciniste Christophe Rousset ? Son jeu est plein de vivacité, nerveux et lumineux à la fois.
Bon, je bavarde, je bavarde, ... Et je n'ai toujours pas de cours pour demain !








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