Poètes
"La poésie vogone est sans conteste la troisième en exécrabilité dans tout l'univers. La seconde étant celle des Azgoths de Kria. Lors d'une déclamation par le maître Grunthos le Flatulent de son
poème intitulé "Ode à la boulette de mastic trouvée sous mon aisselle par un riant matin d'été", quatre de ses auditeurs devaient succomber à des hémorragies internes tandis que le
médio-président de la Société galactique d'encouragement à la corruption des arts ne survécut qu'en dévorant l'une de ses propres jambes. On dit que Grunthos, s'estimant "déçu" par l'accueil fait
à son poème, était sur le point de s'embarquer dans la lecture de son épopée en douze volumes intitulée Florilèges de mes gargouillis dans ma baignoire lorsque son propre gros intestin,
dans un sursaut désespéré pour sauver la vie et la civilisation lui sauta au cou et l'étrangla pour le compte."
(Douglas Adams, Le Guide du voyageur galactique, Gallimard folio SF, p. 90.)
"Il ne faut pas poète plus haut que son luth" (Willy)
"Mallarmé, intraduisible, même en français" (Jules Renard) - Rappelons que Paul Auster a traduit les oeuvres du professeur d'anglais poète -
"On dirait que la douleur donne à certaines âmes une espèce de conscience. C'est comme aux huîtres le citron" (Léon Bloy)
Écrivains
"Vous venez voir l'écrivain ? Méfiez-vous, c'est décevant... C'est comme si après le foie gras vous rencontriez l'oie en personne" (Arthur Koestler)
"Hugo, sacerdoce, a toujours le front penché - trop penché pour rien voir, excepté son nombril" (Charles Baudelaire)
"Une autobiographie révèle généralement que tout va bien chez son auteur, sauf la mémoire" (Franklin P. Jones)
"Il fut un temps où les bêtes parlaient, aujourd'hui elles écrivent" (Aurélien Scholl)
"En littérature, le ridicule ne tue plus ; il tire à cinq milles exemplaires" (Georges Elgozy)
"Duras n'a pas écrit que des conneries. Elle en a aussi filmé" (Pierre Desproges)
Critiques
"On trouvera donc à cette place des impressions sincères et loyalement ressenties, beaucoup plus que de la critique ; celle-ci ressemblant trop souvent à des variations brillantes sur l'air de
: "Vous vous êtes trompé parce que vous ne faites pas comme moi", ou bien : "Vous avez du talent, moi je n'en ai aucun, ça ne peut pas continuer plus longtemps..." J'essaierai de voir, à
travers les oeuvres, les mouvements multiples qui les ont fait naître et ce qu'elles contiennent de vie intérieure ; n'est-ce pas autrement intéressant que le jeu qui consiste à les
démonter comme de curieuses montres ?
Les hommes se souviennent mal qu'on leur a défendu, étant enfants, d'ouvrir le ventre des pantins... (c'est déjà un crime de lèse-mystère) : ils continuent à vouloir fourrer leur
esthétique nez là où il n'a que faire. S'ils ne crèvent plus de pantins, ils expliquent, démontent et froidement, tuent le mystère : c'est plus commode et alors on peut causer. Mon dieu, une
incompréhension notoire excuse les uns ; quelques autres, plus féroces, y mettent de la préméditation : il faut bien défendre sa chère petite médiocrité..."
(Claude Debussy, Monsieur Croche et autres écrits, Gallimard, p. 23-24.)
"Demander à un écrivain ce qu'il pense de la critique, c'est demander à un réverbère ce qu'il pense des chiens" (John Osborn)
"Critiques : le plus sale roquet peut faire une blessure mortelle. Il suffit qu'il ait la rage" (Paul Valéry)
"Est-elle inutile ? On la dirait plutôt superfétatoire quand elle oublie l'oeuvre et se plaît à se trouver belle en son miroir, ou, comme l'écrivait Baudelaire, lorsqu'elle "abandonne toute
prérogative cognitive et se consacre à son propre sacre"." (Robert Maggiori, critique de Que fait la critique ? de Frédérique Toudoire-Surlapierre, Libération du 2/10/2008,
p. vii.)
(Sauf indication contraire, toutes citations tirées d'Éric Momus, Je hais les écrivains, éditions du Rocher, 2008.)
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