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Une excellente initiative de la talentueuse dessinatrice Pénélope Bagieu : Venez sur le site Mon beau sapin !

Chaque entrée comptabilisée sera reversée en argent pour offrir des cadeaux de Noël aux enfants qui ne peuvent pas en avoir. Pour plus d'explications, rendez-vous sur le site.
On y retrouvera bientôt pléthore de dessins des plus grands pour soutenir cette idée.

C'est peut-être ça, l'alterinternet...

"Le malade qu'obsède l'acedia garde les yeux fixés sur la fenêtre et son imagination lui dépeint un visiteur fictif ; à un grincement de la porte, il saute sur ses pieds ; à un bruit de voix, il court regarder par la fenêtre ; mais au lieu de descendre dans la rue, il retourne s'asseoir à sa place, engourdi et comme saisi de stupeur. S'il lit, l'inquiétude l'interrompt et il glisse presque aussitôt dans le sommeil ; il se frotte le visage des deux mains, allonge les doigts et, délaissant son livre, fixe les yeux sur la paroi ; les reposant sur le livre, il parcourt quelques lignes, en bredouillant la fin de chaque mot qu'il lit ; et en même temps il s'emplit la tête de calculs oiseux, il compte les pages et les feuilles des cahiers ; et se prenant de haine pour les lettres et les belles miniatures qu'il a devant les yeux, il finit par refermer le livre pour s'en faire un appuie-tête ; il tombe alors dans un sommeil bref et léger, d'où le tire une sensation de privation et de faim impérieuse."  Saint Nil, De octo spiritibus malitiae, chapitre XIV.

"Ce démon, dès lors qu'il entreprend d'obséder l'esprit de quelques malheureux, il inspire de l'horrreur pour le lieu où il se trouve, de l'aversion pour sa cellule et du dégoût pour les frères qui vivent avec lui, et qui lui semblent à présent négligents et grossiers. Il lui fait paraître au-dessus de ses forces toute activité qui s'exerce entre les parois de sa cellule, il lui interdit d'y demeurer en paix et de s'appliquer à la lecture ; et voici le malheureux qui se lamente de ne retirer aucun profit de la vie monacale ; avec force soupirs il se plaint que son esprit restera stérile tant qu'il demeurera où il est ; d'un ton geignard il se proclame inapte à assumer la moindre activité spirituelle et s'afflige de demeurer toujours au même endroit, immobile et sans force ; lui qui aurait pu être utile aux autres et les guider, il n'a rien réalisé ni audé personne. Il se lance dans un éloge hyperbolique de monastères lointains et introuvables et évoque les lieux où il pourrait, en pleine santé, couler les jours heureux ; il décrit des communautés délicieusement fraternelles, imagine des entretiens d'une ardente spiritualité ; inversement, tout ce qu'il trouve à portée de sa main lui semble âpre et difficile, ses frères lui paraissent dépourvus de toute qualité, et même la nourriture lui convainc de ne pouvoir recouvrer la santé s'il ne quitte sa cellule, et de devoir mourir s'il y demeure."
Cassien, De institutis coenebiorum, livre X, chapitre II.

Citations tirées de Giorgio Agamben, Stanze, Parole et fantasme dans la culture occidentale, traduit par Yves Hersant, Rivages poche, p. 22-23.

Sur les trois ans que j'ai vécu avec Alex, je suis devenu le prof homosexuel. Tous les habitants de Dead City, quel que soit leur âge, ont su que je vivais avec un homme. Ça n'a pas toujours été facile, mais je ne le regrette pas. Mes élèves, qu'ils l'aient appris après ou avant de m'avoir comme enseignant, m'ont même semblé mieux qu'avant que mon homosexualité soit aussi publique et ma vie aussi exposée. Sans doute une impression subjective due à la disparition de ce poids, de cette hypocrisie. Tout était clair, même si je n'en parlais pas. Et les gens n'avaient plus qu'à vivre avec. Ce qui était aussi le but : banaliser et rendre quotidienne l'homosexualité. Ouvrir les esprits. Affirmer l'acceptation. Plutôt timidement d'ailleurs, mais dans une transparence difficile à nier.

Evidemment, il y a du coup eu des élèves pour laisser un blanc dès que, lors d'une lecture à voix haute, ils tombaient sur le mot "gai". Fou rire de la classe assuré. C'est nerveux on vous dit.

Bon, juste pour évoquer cette petite élève de cinquième qui vient me voir à la fin du cours. C'est une élève particulière. Contre la tradition scolaire qui honnit la délation et sacrifie des générations d'élèves préférant mourir plutôt que livrer l'auteur d'un méfait, je sais que si je lui demande le nom d'un coupable, elle répondra sans barguigner. La voilà donc un dictionnaire de la classe à la main : "Monsieur, il y a des insultes dans le dictionnaire ! Et c'est sur vous." Je prends le volume en soupirant, imaginant sans peine mon nom associé aux grossièretés habituelles. Quelle n'est pas ma surprise de ne lire que les sempiternels "pédé", "enculé", NTM, etc., sans aucune référence à ma personne ni le moindre indice que je sois visé à travers ce dictionnaire... (Même si certains autres portent sur la tranche un triomphal "PD")

"- Mais non, A***, ce sont des insultes entre élèves." Elle va vite en besogne, la gamine. Toutes les injures homophobes ne s'adressent pas forcément à moi... Comment peut-elle sans autre raison que ce qu'elle a entendu sur moi en déduire que je suis visé ? Je vais voir le bon côté des choses : elle est tout de suite allée me voir pour dénoncer ce qu'elle croyait être une atteinte à ma personne. Est-ce qu'on peut dire qu'elle a fait preuve d'une bonne mentalité ?

Poètes

"La poésie vogone est sans conteste la troisième en exécrabilité dans tout l'univers. La seconde étant celle des Azgoths de Kria. Lors d'une déclamation par le maître Grunthos le Flatulent de son poème intitulé "Ode à la boulette de mastic trouvée sous mon aisselle par un riant matin d'été", quatre de ses auditeurs devaient succomber à des hémorragies internes tandis que le médio-président de la Société galactique d'encouragement à la corruption des arts ne survécut qu'en dévorant l'une de ses propres jambes. On dit que Grunthos, s'estimant "déçu" par l'accueil fait à son poème, était sur le point de s'embarquer dans la lecture de son épopée en douze volumes intitulée Florilèges de mes gargouillis dans ma baignoire lorsque son propre gros intestin, dans un sursaut désespéré pour sauver la vie et la civilisation lui sauta au cou et l'étrangla pour le compte."
(Douglas Adams, Le Guide du voyageur galactique, Gallimard folio SF, p. 90.)

"Il ne faut pas poète plus haut que son luth" (Willy)

"Mallarmé, intraduisible, même en français" (Jules Renard) - Rappelons que Paul Auster a traduit les oeuvres du professeur d'anglais poète -

"On dirait que la douleur donne à certaines âmes une espèce de conscience. C'est comme aux huîtres le citron" (Léon Bloy)


Écrivains

"Vous venez voir l'écrivain ? Méfiez-vous, c'est décevant... C'est comme si après le foie gras vous rencontriez l'oie en personne" (Arthur Koestler)

"Hugo, sacerdoce, a toujours le front penché - trop penché pour rien voir, excepté son nombril" (Charles Baudelaire)

"Une autobiographie révèle généralement que tout va bien chez son auteur, sauf la mémoire" (Franklin P. Jones)

"Il fut un temps où les bêtes parlaient, aujourd'hui elles écrivent" (Aurélien Scholl)

"En littérature, le ridicule ne tue plus ; il tire à cinq milles exemplaires" (Georges Elgozy)

"Duras n'a pas écrit que des conneries. Elle en a aussi filmé" (Pierre Desproges)


Critiques

"On trouvera donc à cette place des impressions sincères et loyalement ressenties, beaucoup plus que de la critique ; celle-ci ressemblant trop souvent à des variations brillantes sur l'air de : "Vous vous êtes trompé parce que vous ne faites pas comme moi", ou bien : "Vous avez du talent, moi je n'en ai aucun, ça ne peut pas continuer plus longtemps..." J'essaierai de voir, à travers les oeuvres, les mouvements multiples qui les  ont fait naître et ce qu'elles contiennent de vie intérieure ; n'est-ce pas autrement intéressant que le jeu qui consiste à les démonter comme de curieuses montres ?
Les hommes se souviennent mal qu'on leur a défendu, étant enfants, d'ouvrir le ventre des pantins... (c'est déjà un crime de lèse-mystère) : ils continuent à vouloir fourrer leur esthétique nez là où il n'a que faire. S'ils ne crèvent plus de pantins, ils expliquent, démontent et froidement, tuent le mystère : c'est plus commode et alors on peut causer. Mon dieu, une incompréhension notoire excuse les uns ; quelques autres, plus féroces, y mettent de la préméditation : il faut bien défendre sa chère petite médiocrité..."
(Claude Debussy, Monsieur Croche et autres écrits, Gallimard, p. 23-24.)

"Demander à un écrivain ce qu'il pense de la critique, c'est demander à un réverbère ce qu'il pense des chiens" (John Osborn)

"Critiques : le plus sale roquet peut faire une blessure mortelle. Il suffit qu'il ait la rage" (Paul Valéry)

"Est-elle inutile ? On la dirait plutôt superfétatoire quand elle oublie l'oeuvre et se plaît à se trouver belle en son miroir, ou, comme l'écrivait Baudelaire, lorsqu'elle "abandonne toute prérogative cognitive et se consacre à son propre sacre"." (Robert Maggiori, critique de Que fait la critique ? de Frédérique Toudoire-Surlapierre, Libération du 2/10/2008, p. vii.)


(Sauf indication contraire, toutes citations tirées d'Éric Momus, Je hais les écrivains, éditions du Rocher, 2008.)

 


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Hétérosexuel(le), bisexuel(le), gay ou lesbienne?


Selon l'approche de cette grille, l'hétérosexualité, l'homosexualité et la bisexualité sont caractérisées par une combinaison de différentes facettes qui peuvent évoluer dans le temps et ne sont pas des états déterminés une fois pour toutes.

  Pointage Orientation
Dans le passé 38.0/49 homosexuelle
Actuellement 41.0/49 homosexuelle
Idéalement 42.0/49 homosexuelle
Moyenne 40.3/49 homosexuelle

  The pulsing stops where time has been,
      The garden is snow-bound,
The branches weighed down and the paths filled in,
          Drifts quilt the ground.

  We lie soft-caught, still now it's done,
      Loose-twined across the bed
Like wrestling statues; but it still goes on
          Inside my head.

Thom Gunn, Jack Straw's Castle 1976), Collected Poems, Farrar, Straus & Giroux, 1994, p. 229.

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